Le château est composé de trois parties distinctes (tours, ailes et corps du logis) élevées à trois époques différentes.

La chapelle
La chapelle
Le
Le Château vu du ciel

Les deux tours carrées sont les seuls vestiges probables du châtelet du XIème siècle. La tour Ouest contient une chapelle. Remaniée au cours des siècles, elle possède encore une meurtrière de défense qui montre bien qu’il ne s’agissait pas originellement d’une chapelle ; son autel-retable et ses deux crédences datent du XVIIème siècle. C’est très certainement à cette époque que la voûte d’arêtes fut démolie pour être remplacée par un simple plafond. Dans la tour carrée Est a été aménagé un colombier (parfaitement conservé) auquel on peut accéder par un escalier qui donne dans la cour. Ce colombier contient 1 630 boulins (niches en poterie).

Il est probable que les douves datent également du XIème, car elles étaient primitivement en eau et entouraient la totalité du châtelet. Elles ont été partiellement asséchées et comblées au cours des siècles.

CARACTERISTIQUES :

  • Au centre de la façade, un fronton cintré porte encore les armes de la famille BARBIER.
  • La décoration de cette façade est faite de chaînes de pierres dont les têtes sont alternativement courtes ou longues, décoration dite « en harpe ». Cette façade rappelle deux hôtels particuliers de Dijon créés à la même époque par l’architecte LE MUET (° 1591, + 1669). Avec prudence, on peut supposer qu’il est l’auteur des plans d’Entre-deux-Monts.
  • A l’intérieur du corps du logis, se trouve un magnifique escalier central, en pierre, à deux volées rampe sur rampe, accompagné de deux petits escaliers situés à chaque extrémité du bâtiment. Le coeur de ces deux petits escaliers, utilisés autrefois par les domestiques, a été évidé au XVIIème siècle afin d’y loger des monte-plats pour desservir la salle à manger (au rez-de-chaussée) depuis les cuisines (au sous-sol).

Les deux ailes forment des galeries reliant les tours au château des MENESSAIRE qui se trouvait en lieu et place de l’actuel bâtiment. Elles semblent avoir été élevées vers 1540/50 en même temps que les écuries situées dans la ferme du côté ouest.

Le corps du bâtiment principal fut édifié par Bernard BARBIER d’ENTRE-DEUX-MONTS, maître des comptes à Dijon. Les travaux ont probablement été achevés en 1654 (date inscrite sur le colombier). L’ensemble est caractéristique de l’architecture du règne de Louis XIII et de la régence d’Anne d’AUTRICHE. Ce château est venu remplacer le précédent qui aurait, soit disant, brûlé. L’intérieur ne présente pas d’intérêt majeur pour les visiteurs. Il s’agissait en effet de l’habitat d’un riche notable, sans décoration, et non d’une riche demeure d’apparat.

Modernisation XVIIIème :

Des travaux importants de modernisation ont été réalisés au cours du XVIIIème siècle : agrandissement des fenêtres du rez-de-chaussée du bâtiment principal, plafonds à la française enduits de plâtre, une canalisation en poteries acheminant l’eau de la source dans la cuisine, création d’une glacière extérieure et d’une petite orangerie en 1733…

Epoque contemporaire :

Depuis 1975, d’importants travaux de restauration et de réparation ont été entrepris pour sauver Entre-deux-Monts de la ruine. Cela faisait près de deux siècles qu’aucune restauration n’avait été effectuée (réfection des toitures, fondations, clochetons, comblement d’une partie des douves, destructions de hangars modernes… arrivée de l’eau courante en 1975…)

LA FERME :

La basse-cour reste le témoignage de l’ancienne ferme qui avait un caractère défensif très marqué. Deux corps de bâtiments parallèles sont reliés par un troisième corps perpendiculaire avec un portail au centre. Peu d’ouvertures vers l’extérieur et présence de tours carrées (aujourd’hui tronquées) à chaque angle. Il faut savoir que la région a été extrêmement troublée au cours des guerres qui ont précédé le rattachement définitif de la Franche Comté à la Couronne (Traité de NIMEGUE, 1679).